L'installation Sommeil hybride prend place  dans l'ancienne buanderie de l'hôpital de Malévoz, et espace d'atelier pendant mes deux mois de résidence au Quartier culturel à Monthey.

Pendant ma permanence, j'ai été interpellée par ce qui signifie laver dans un lieu où l'on vient pour soigner les maux de l'esprit. J'ai réfléchis à l'importance de cette opération régulière qui, à mes yeux, contribue de manière symbolique à unes sorte de renouvellement. J'ai pensé à comment des mains invisibles répètent les mêmes gestes pour prendre soin des habits, des duvets, des oreillers que j'ai pu apercevoir suspendus en train de sécher. En écoutant les bruits dans les bâtiments du Laurier, j'ai imaginé les draps de lits de Malévoz, témoins de nuits paisibles et de nuits agitées, les draps qui évoquent un sentiment de refuge et de protection, l'eau, l'inconscient et le non-faire qui peut restaurer.

Sur les draps, je me suis mise à la peinture en reconstituant un monde sous-marin silencieux où les plantes aquatiques s'inspirent de cellules ciliées présentes à l'intérieur du corps humain, pas très différent du milieu liquide des océans, un lieu où la vie se régénère, une archive silencieuse de choses oubliées et de fragments du passé.

équilibre mental, à la désintégration d'un temps linéaire et évolutif, tandis que les fragments de céramique qui en résultent, évoquent les trouvailles archéologiques témoins de la disparition des civilisations passées et de celles à venir.

Dans cette dimension les objets se métamorphosent en intégrant les éléments naturels, le vivant pousse entre les fissures et assume de nouvelles complémentarité capables d'interagir et de survivre.

Les objets du quotidien et leur débris, coulés au fond de l'eau, deviennent des hybrides et leur unique but est d'être en relation sans de voir répondre à une fonction. Dans le contexte de l'hôpital, la maladie provoque également une perte de fonctionnalité, le masque social est mis de côté et il devient possible de cultiver l'espace entre les fissure, faire pousser les plantes aquatiques dans es blessures.C'est ainsi que la métamorphose des assiettes s'est réalisée dans un travail collaboratif, comme une plongée dans le monde onirique du possible, un lieu de cohabitation, interaction, diversité et symbiose de formes vivantes et non vivantes.